Rencontrer un Français libre

lundi 28 mai,

les 1ère S1 et ES1 ont fait la connaissance d’Alexis Le Gall combattant de la 1ère Division Française Libre ayant répondu à l’appel du 18 juin de De Gaulle.

 

Témoigner, Alexis, 95 ans, le fait depuis des années. Mais la rencontre est à chaque fois nouvelle.

Cette fois-ci, l’émotion aura été intense et palpable.

 

À 17 ans, ne plus passer son bac, suivre De Gaulle, vivre l’expérience de la guerre, quitter sa famille, les copains que l’on perd, ceux que l’on gagne, connaître la fraternité d’armes, l’aventure de la découverte de l’Afrique noire en 1941, la soif obsédante du désert saharien en 1942, revoir la terre de France, en Provence, le 15 août 1944, endurer le froid blessant de l’hiver vosgien de 1944 et puis, se battre toujours et encore… Tout ça pour quoi ?

 

Supporter tout cela à cause d’une certaine idée de la patrie, à cause du refus de s’avouer vaincu. La volonté opiniâtre de continuer le combat.

Se battre jusqu’au sacrifice consenti pour des valeurs et des principes reçus en héritage familial, inculqués par les maîtres et professeurs, des valeurs humanistes vécues et passées à l’épreuve du scoutisme et partagées par les camarades : solidarité, partage, respect de l’autre, liberté, fraternité, amitié, égalité, équité.

S’engager pour défendre avec détermination et volonté ces principes essentiels qui sont ceux de notre République. Principes attaqués alors en leur cœur même par l’obscurantisme nazi, le pire, à ce jour, qu’ait pu connaître l’Europe dans sa longue histoire.

 

 

Pour nos jeunes, ce fut une belle et exemplaire leçon de décision et d’engagement, de volontarisme et d’abnégation.

En un temps, le nôtre, où, à nouveau, la République est attaquée en son sein même, dans ces principes fondamentaux les plus chers, dans ce qui la fonde, par les obscurantismes modernes que sont les extrémismes et le terrorisme djihadiste.

Qui, dorénavant, pour la défendre ? Qui, maintenant et demain, pour sauvegarder, protéger, nos biens les plus précieux, nos principes et nos valeurs, sinon les enfants de la République ?!

Alors témoigner, c’est surtout confier une mémoire en héritage aux jeunes générations afin qu’elle réalise toute la grande fragilité et le prix inestimable de l’idéal républicain et des valeurs humanistes.

Témoigner c’est éveiller les consciences afin qu’elles deviennent, à leur tour, sentinelles.

 

Frédéric Morvan-Houart